
« L’Onera, c’est vraiment la recherche pure, et c’est un préalable indispensable pour que nous, les PME, puissions avancer » .
Quel portefeuille d’activités propose Electravia ?
Nous développons et commercialisons des moteurs électriques pour ULM, avions légers et drones. Notre équipe de 5 ingénieurs et techniciens répond à des demandes de particuliers propriétaires d’ULM ou d'avions, ainsi que de professionnels, à la recherche de systèmes autour de la propulsion électrique (batteries, hélices...). Nos donneurs d’ordre sont des PME, mais aussi de grands groupes, en France comme à l’international et également des laboratoires comme l’Onera : nous avons fabriqué par exemple des pales dotées de capteurs de mesures pour la soufflerie de Meudon.
Quels sont les points forts de votre société ?
Electravia est précurseur en matière de motorisation électrique d’aéronefs légers. Nous n’avons que deux concurrents sérieux, un en Slovénie et un aux USA. Dans l’avenir, au-delà des fabrications en série, nous aimerions nous orienter vers les prestations de bureau d’études, le développement de prototypes et de systèmes nouveaux. L’objectif, c’est de progresser tout en gardant notre avance technologique.
Quelles sont vos relations avec l’Onera ?
Grâce au pôle de compétitivité Pegase, nous avons rencontré Joël Fritz, directeur de l’Onera Salon de Provence en 2006, puis Florin Paun un peu plus tard. Ils se sont montrés très intéressés par notre projet. Lorsque nous avons dû trouver un laboratoire référent pour être intégrés à l’incubateur Impulse, nous nous sommes tout naturellement tournés vers l’Onera. En juin 2007, nous avons signé la charte Onera & PME de technologies. Ce partenariat est un peu long à se concrétiser, car il reste à trouver des fonds.
Sur quel type de projet aimeriez-vous solliciter l’aide de l’Onera ?
Nous avons travaillé de manière empirique sur le sujet des hélices silencieuses. Nous avons trouvé des concepts qui fonctionnent, sur la base de pales déphasées. Notre concept QD2 a été longuement testé sur ULM et avions, et a fait l’objet de mesures au sonomètre et à l'oscilloscope. Nous souhaiterions demander à l’Onera de modéliser ce concept QD2 avec leur super ordinateur, leurs programmes spécifiques et les compétences de leurs experts, de façon à comprendre les raisons de cette réduction de bruit notable.
Quels sont les atouts d’Electravia pour l’Onera ?
Dans le secteur de l’aviation électrique, actuellement en plein essor, nous faisons partie des sociétés de pointe. C'est probablement intéressant pour l’Onera. Electravia bénéficie aussi d’une véritable notoriété, suite à une forte médiatisation autour de grands événements. Ainsi, nous sommes les premiers au monde à avoir fait voler un avion électrique, l’Electra, en 2007. Nous avons aussi équipé le premier paramoteur biplace au monde, actuellement utilisé de façon opérationnelle à l’Ile de Ré, pour des baptêmes de l’air. Nous avons également conçu et installé la motorisation de l’avion électrique détenteur du record de vitesse mondiale : le Cri Cri électrique a en effet établi ce record lors du dernier salon du Bourget, à la vitesse de 283 km/h. Enfin, cette année, nous avons sorti pas moins de quatre prototypes innovants.
Comment envisagez-vous l’avenir de votre partenariat avec l’Onera ?
En termes d’image, c’est fabuleux de dire que nous travaillons avec l’Onera, ça nous ouvre des portes, notamment à l’international. Plus globalement, nous avons toujours un très bon accueil de la part des intervenants de l’Onera. Cependant, nous aimerions que le partenariat soit plus rapidement illustré par des actions tangibles. Par exemple, nous souhaiterions que notre spécialiste des hélices puisse faire un stage à l’Onera, histoire de confronter son programme informatique à la puissance de calcul et aux compétences des experts. J’aimerais que l’on travaille plus étroitement ensemble sur le domaine des hélices pour tout type d’avions : beaucoup d’avions, y compris des gros porteurs, se tournent à nouveau vers la propulsion à hélices. En fait, nous sommes complémentaires : l’Onera dispose de capacités de modélisation, tandis que Electravia peut facilement réaliser tout type de prototypes d'hélices, en composite ou en multiplis de hêtre, et organiser des campagnes d’essais pour les tester.